Le passage du nord ouest
 
Communiqué de presse - Le 6 novembre 2002

 

Une première mondiale en arctique

Deux femmes, mère et fille, réussissent la traversée du passage du nord ouest

 

Après 6 semaines de navigation extrême à bord de leur voilier Nuage (côtre en acier de 42 pieds), Michèle Demai et sa fille Sabrina Thiery sont sorties du labyrinthe des glaces de l'arctique canadien le 2 octobre dernier réalisant ainsi avec succès leur traversée du passage légendaire dont la voie a été ouverte par Amundsen en 1923. Depuis, seuls 14 voiliers ont réussi ce parcours. Nuage est le 15ème et le premier en équipage strictement féminin.

Du détroit de Béring au détroit de Davis : Michèle et Sabrina auront parcouru plus de 3500 milles nautiques (environ 7000 km) dans les hautes latitudes au-dessus du cercle polaire, de l'océan Pacifique à l'océan Atlantique par l'océan glacial Arctique, en deux saisons.

Une descente tumultueuse

Enfin sorties en eau libre, Michèle et Sabrina  poursuivent leur descente vers le sud le long de l'île de Baffin et la mer du Labrador espérant rallier le Québec au plus vite. Mais les dépressions automnales de l’Atlantique remontent vers l’Arctique, amenant avec elles de forts vents contraires (plus de 50 nœuds), ralentissant l’avancée de Nuage.
Le 27 octobre, Michèle écrivait : « Nous avons une énorme avarie : 2 pattes de fixation du moteur (en acier très épais pourtant) ont cassé net. Donc plus de moteur et un coup de vent est annoncé pour demain. Position : 56°04N - 58°12W. Dès que nous le pourrons, nous allons essayer d'entrer à Hopedale pour réparer : lever le moteur, enlever les pattes, les faire ressouder, replacer le tout, réaligner et repartir. Je comprends maintenant pourquoi tous les bateaux qui font le passage du nord ouest ont besoin d'aller en chantier pour une révision complète après cette exigeante forme de navigation ! »
Après une tempête de trois jours où les vents ont atteint 55-60 nœuds, l’équipage féminin sort de la baie où il s’était abrité « en tirant une multitude de bords très courts pour nous sortir des cailloux, en jouant avec les courants de marée et en passant au sondeur dans des endroits pas cartographiés. Nous sommes arrivées à Hopedale de nuit (évidemment) sous des grains de neige.  Décidément, depuis deux mois, que de choses à raconter. Les poussées d'adrénaline vont bon train !
Nous travaillons sur le moteur avec deux mécaniciens sympas et espérons pouvoir repartir peut-être demain si le nouveau coup de vent annoncé pour aujourd'hui passe vite. Hopedale : village charmant, sans route, très "bout du monde" (600 personnes) posé sur des rochers, entouré de 4 sapins rabougris – nos premiers arbres depuis les îles Aléoutiennes. Nous créons un peu l'évènement et tous nous demandent d'où nous venons, persuadés que nous arrivons d'en bas !!! Dans trois semaines tout sera gelé. Objectif immédiat : gagner du Sud. Nous nous donnons encore quinze jours avant de trouver un endroit où sortir le bateau de l'eau pour l'hiver. » - Position actuelle : 55°27 N 60°13 W.
Le duo mère-fille (avec la mascotte du bord le chat Pungo) souhaite rejoindre très vite la région de Québec et espère qu’Eole les accompagnera dans cette dernière ligne droite…

Retour en arrière

Le 2 juillet 2001, Michèle Demai, ancienne présentatrice d’Antenne 2 puis journaliste et écrivain, accompagnée de sa fille, Sabrina Thiery, docteur en astrophysique, appareille de Victoria (jolie ville de Colombie Britannique sur la côte Ouest du Canada) pour rejoindre Cambridge Bay (petit village Inuit du Nunavut en Arctique canadien) le 1er octobre 2001. Pour cette première étape, elles ont ainsi parcouru plus de 5.000 milles, soit 10.000 Km environ, dont plus de 2.000 milles au-dessus des 60èmes et du cercle polaire.

Le 25 août 2002, le duo féminin quitte Cambridge Bay pour la sortie du passage du nord ouest. Un départ retardé par un pack glaciaire très dense qui bloque encore le passage. Les conditions météo rencontrées par l’équipage de Meule d’Or sont exceptionnelles pour la saison, avec une débâcle incomplète beaucoup plus tardive que les années précédentes et la formation précoce de glace nouvelle sans parler de la nuit polaire de plus en plus longue, des températures extrêmement basses pour l'été et la neige attendue. « Tout est gelé sur le bateau, l’enrouleur de génois, l’anémomètre, les antennes. » Michèle et Sabrina sont régulièrement informées par Peter Semotiuk, ingénieur en communications qui a fait le passage du nord ouest sur Belvédère en 1989, et grâce au téléphone satellite, réussissent à se connecter sur Internet pour suivre de près l’évolution des glaces. « Bellot Strait, qui était bloqué la semaine dernière, s’est libéré une journée, et aujourd’hui il semble se refermer. C’est incroyable ! »

Le 10 septembre 2002 : « Bellot Strait - la porte vers l'Atlantique - est passé. Nuage dévale à 12 nœuds dans le détroit et impossible de le freiner à cause du courant. Sommes à Fort Ross en attendant que Prince Regent Inlet se débloque. En très bonne compagnie, car nous avons eu la surprise d'y retrouver le célèbre voilier russe Apostol Andrey qui après avoir réussi le passage du Nord Est en 1998-99 et être descendu en Antarctique, tente comme nous aujourd'hui de sortir du nord ouest. » Ainsi, après plus de 4 nuits sans dormir à se frayer un chemin, c’est un équipage fatigué qui franchissait Bellot Strait pour rejoindre la baie de Fort Ross, déjà très encombrée, et étudier la situation avant de tenter de continuer vers la sortie du passage du nord ouest ou faire demi tour.

Mercredi 18 septembre, Peter Semotiuk nous faisait parvenir un message de Nuage. Michèle et Sabrina expliquaient qu’elles se trouvaient par 74°20 N et 82°42 W, soit dans Lancaster Sound, bataillant toujours dans les glaces : « Depuis Bellot Strait, il y a de la glace partout, des immenses plaques en fouillis se chevauchant les unes les autres, un brouillard opaque et 30 nœuds de vent contraire… Il fait horriblement froid, nous ne dormons plus et avons à peine le temps de grignoter du fromage et du pain tant les heures de barre et la veille continuelle à la glace sont astreignantes », confie Michèle Demai. « Après Fort Ross, nous avons heureusement pu profiter d'un passage ouvert par le brise-glace des coastguards –anges gardiens de l'arctique- qui croisait dans les environs pour progresser dans un pack glaciaire très dense et gagner du nord. C’est complètement surréaliste de naviguer à de telles latitudes ! C’est très dur, mais quelle expérience ! L’eau libre n'est plus très loin mais nous ne pourrons pas passer par Navy Board Inlet, complètement bloqué, pour rejoindre le village de Pond Inlet où nous devons refueler. Il va falloir faire le grand tour par la mer de Baffin. L'Apostol Andrey est parti vers le Groenland et St Petersbourg. »

Le 24 septembre 2002, Michèle écrivait : « Nous sommes arrivées à Pond Inlet Samedi : coups de vent sur coups de vent, troisième jour coincées dans le bateau comme dans un shaker, impossible de descendre à terre (trop de vent, trop de mer) pour remplir nos jerricans de fuel et d'eau. L'hiver avance à grand pas. Dans une semaine tout sera gelé. Il faut que nous repartions très vite car notre objectif prioritaire est de terminer le passage. Juste à deux, ce n’est pas facile car nous devons être obligatoirement ensemble sur le pont, l'une à la barre, l'autre à la veille des glaces et maintenant des icebergs gigantesques, y compris de nuit ou dans le brouillard. Tension et attention constantes. Nous avons l'impression d'aller au bout de nous-mêmes. Et ce n'est pas fini. Nous sommes fin septembre, vous devez connaître les tempêtes d'équinoxe en France et ici, dans les 70e, nous nous attendons à une mer difficile. Mais si elle reste maniable, nous comptons gagner du sud le plus vite possible et si elle ne l'est pas, nous nous abriterons peut-être quelque part. C'est"Mère-Nature"  qui décide. » Nuage se situe à 120 milles de la sortie du passage du nord ouest (détroit de Davis) et à 360 milles du cercle polaire arctique.

Le 2 octobre 2002, l’équipage mère-fille de Meule d’Or atteint le Détroit de Davis, marquant la sortie du passage du nord ouest et devient le premier équipage féminin à réaliser la traversée de ce passage mythique.

 

http://micdemai.free.fr

 

A propos du Groupe Entremont

Présent depuis plus de 50 ans sur le marché des fromages, le Groupe Entremont en est aujourd’hui l’un des acteurs majeurs. Implanté fortement en Europe à travers ses filiales commerciales et ses sites de production, il distribue ses produits dans le monde entier. Rappelons que le Groupe Entremont a généré un chiffre d’affaires de plus d’un milliard d’euros en 2001 et vend 440 000 tonnes de produits, dont 160 000 tonnes de fromage. C’est tout naturellement la marque Meule d’Or que Jean Cauchefert, Directeur Général Commercial d’Entremont, a choisie d’associer à cet exploit.

 

Avec le soutien de Meule d’Or et de partenaires techniques : Adlair Aviation, Air Canada, Central Color, La Coopérative des Inuit à Cambridge Bay, First Air, Fujifilm, Grabber, Kitnuna Construction Ltd,Lancelin, Loca Image, Marine Pool, Nikon France, Plastimo, Radio France Internationale, Whiskas.

 

 
Contact presse : Mille & une vagues
Centre Nautique
Face au 36 quai Alphonse Le Gallo
92100 Boulogne
Tél. : 01 55 38 98 20 - Fax : 01 46 03 79 21
E-mail : 1000etunevagues@wanadoo.fr - millet-anne@wanadoo.fr